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Il n’y a rien à faire, la tentation est trop forte pour certains de

connaitre, coûte que coûte, les méthodes et boites à outils pour tout!

La question m’est très souvent posée, peut-être parce que j’ai fait le choix de ne pas expliciter le sujet sur mon site internet.

Pourtant, il existe de nombreux métiers et activités pour lesquels ce qui compte est avant tout le résultat, et non l’outil utilisé pour l’obtenir. 

(je ne parle pas de cheminement ici, je parle bien d’outils!)

  • Avez-vous déjà demandé à votre garagiste quelles clés il utilisait pour chaque étape d’une révision?
  • Avez-vous déjà demandé au dentiste quelle roulette il utilisait pour préparer le terrain à votre plombage?
  • Avez-vous déjà demandé au peintre quels pinceaux il utilisait pour repeindre une pièce?
  • Avez-vous demandé au cuisinier quelles casseroles il utilisait pour préparer votre plat?

Les exemples abondent.

Même dans le domaine artistique, cette question n’est ni prioritaire ni décisionnaire. On ne jauge pas une oeuvre d’art à partir de la méthode, ni de la boite à outils de l’artiste. 

On vibre ou non face à l’oeuvre. Quelque chose se passe, ou pas. 

On en discute éventuellement après.

Alors pourquoi cette question revient-elle sans cesse avec les professionnels de l’accompagnement?

Ce milieu compte autant de professionnels compétents et de charlatans qu’ailleurs.

Et la boite à outils n’est en général pas le critère dominant de qualité ou d’escroquerie.

Mon hypothèse est que cette question récurrente permet de:

  • (se) rassurer
  • d’aider à choisir quel personne nous accompagnerait mieux que d’autres (selon l’issue souhaitée)


Il y a quelques jours, j’ai reçu un énième message me demandant quelle était ma boite à outils pour les accompagnements que je propose.

Comme à chaque fois avec ce type de question, je suis plutôt embêtée pour répondre.

Non seulement, je suis embêtée, mais je n’ai plus vraiment envie d’y répondre en seulement quelques lignes.

Alors, je me suis décidée d’expliquer pourquoi.

Evidemment, ma réponse serait facile si…

  • j’appliquais un déroulé en 3 ou 5 points, selon l’ISO numéro x ou selon la méthode développée par untel, à laquelle vous pouvez vous former en suivant 2 fois 3 jours de stage le week-end.
  • Evidemment, vous sauriez à quoi vous attendre précisément et cela vous rassurerait dans votre décision d’être accompagné par x, plutôt que par y ou z.
  • Et non, inutile de chercher, je n’ai pas de rubrique « méthode » sur mon site, pas de listes d’approches de développement personnel que j’utilise les unes après les autres, ni aucun schéma récapitulatif de type powerpoint.

Je me base sur autre chose, sur un état d’esprit en lien avec une approche holistique, globale (dont les principes sont annoncés dans la rubrique du même nom sur mon site et expliqués d’une autre manière dans l’article mobilis in mobile).

Ne pas afficher une méthode ne signifie pas pour autant faire n’importe quoi avec les clients.

Je sais précisément comment avancer avec chacun, en respectant  les précautions déontologiques en continu.

Et ne vous méprenez pas! Sur le fond, je n’ai rien contre les méthodes et les procédures, en elles-mêmes. Mais je ne travaille pas exclusivement comme cela.

Je crois que, pour certains d’entre nous, nous vivons et travaillons comme nous mangeons et cuisinons.

(J’en reparlerai d’ailleurs dans un futur article.)

Voici donc comment je cuisine.

  • J’adore cuisiner et suis gourmande.
  • Je ne mange pas de viande depuis mes 3 ans, ce qui était peu courant au moment où le mot végétarien était encore rare en France. Pour beaucoup, c’était comme si mon alimentation ne pouvait être que très limitée. Pas du tout ! J’ai d’ailleurs découvert assez jeune les cuisines étrangères et notamment la cuisine indienne, à base de légumes, légumineuses et épices. Elle est pour moi, encore aujourd’hui, la meilleure cuisine du monde, par sa diversité, son raffinement, son explosion de saveurs, son équilibre diététique.
  • Lors des repas, j’aime aussi ne pas être guidée et apprécie, pour la cuisine indienne et d’autres, que tout soit à disposition devant soi ; libre à chacun de mélanger, de commencer par ce qu’il veut, de tester chaque fois différemment les textures et les saveurs.
  • Grâce à mes fréquentations, j’ai appris à cuisiner des plats étrangers, à leur manière, de la cuisson du riz à la préparation de plats plus élaborés, à utiliser les épices, à tester les mélanges, à comprendre les complémentarités et les dosages.
  • Je n’utilise que des produits bruts, rien de pré-préparé ou d’industriel et veille à consommer les produits frais, de saison, locaux et en circuit court. J’aime les marchés et décide sur place quoi acheter, sans forcément savoir ce que j’en ferai les jours suivants. Ce peut être un plat minute ou mijoté, avec trois ingrédients ou une multitude.
  • Je pars du principe (personnellement éprouvé) que ce qui est dans l’assiette est à la fois ce qui nous nourrit, nous entretient et nous soigne.

Cuisiner est une de mes manières de me relier au sol, de m’ancrer, de créer (un plat) en transformant (des produits). C’est en fait un plaisir alchimique.

  • J’aime feuilleter les livres de cuisine. Ils sont source d’inspiration et me font saliver, mais je suis incapable de suivre une recette de A à Z. J’ai essayé pourtant, mais rien n’y fait. A un moment ou à un autre, je dois enlever un ingrédient et en ajouter d’autres. Au feeling, parce que je le sens comme ça.
  • Je ne pèse pas les ingrédients, puisque j’ai trouvé un système d’équivalence approximatif pour le sucre et la farine ; le reste est à l’oeil.
  • Je connais les composants de base pour tel ou tel plat et je brode autour, avec ce que j’ai dans la cuisine.
  • Pour la cuisson, pas de minuteur et je ne goute pas ; je me fie à l’œil et au nez.

Lorsque l’on me demande de ce que j’ai mis dans mon plat, je ne m’en souviens pas toujours, et lorsque j’ai l’intention de refaire un plat, il n’est jamais identique au précédent. Cela fait sourire, parfois.

Je sais pourtant suivre une procédure et suis très méthodique et structurée. J’en crée d’ailleurs certaines pour mon activité, tout comme je me construis une trame dans mon agenda pour les différentes fonctions inhérentes à mon activité.

L’un n’empêche pas l’autre.

Les recettes de cuisine sont utiles, bien évidemment! Mais tout le monde ne s’en sert pas de la même manière.

Certains les suivent à la lettre, scrupuleusement ; d’autres en suivent l’esprit.

Les premiers offrent l’avantage de savoir exactement à quoi s’attendre ;

les seconds offrent l’avantage d’explorer et de trouver de nouvelles voies.

Ainsi, je tiens donc plus à l’esprit de la recette, qu’à la lettre. Ce qui m’importe, c’est d’amener la personne plus loin qu’elle n’est au départ, voire sur un autre plan.

Comment cela se traduit dans mon travail?

Lorsque j’accompagne une personne, je pars donc de sa situation actuelle, de ce qu’elle m’en dit, de ce que je ressens et capte.

Dans certains cas, elle m’indique son point d’arrivée souhaité et à quelle échéance ; dans d’autres cas, elle vise un mieux général, sortir de l’inconfort ou des difficultés actuelles pour une situation meilleure, plus agréable.

Elle peut se laisser guider et goûter ce que je lui propose, ou bien cuisiner avec moi.

Je n’agis jamais au hasard avec elle, et peux expliquer pourquoi je choisis ces ingrédients plutôt que d’autres, pourquoi je préfère cet ordre d’étapes, de cheminement, plutôt qu’un autre. Il y a une logique inhérente à chaque accompagnement, des marqueurs qui émergent de suite.

Ma base est systématiquement l’approche anthropologique (voir l’article dédié où je dissèque les composants de cette approche), en combinant questionnement et observation (tout aussi possible en visio ou par téléphone qu’en face à face physique).

Notre terrain est celui des lois du vivant et des principes du vibratoire. En me connectant à la personne, j’accueille au fur et à mesure les ressentis. J’inclus d’emblée les dimensions symboliques et archétypales et utilise souvent analogies et métaphores pour transmettre un message ou interpeller.

Et puis,

en fonction de la situation spécifique de la personne, de sa sensibilité, de ce qu’elle a essayé, aimé, ignoré, de ce qu’elle me transmet sciemment ou non, je scanne sa situation globale et identifie les angles morts qui gênent sa vue panoramique et les nœuds qui entravent son cours naturel. Je me laisse guider par moi-même et les informations que je capte, sachant que j’ai, la plupart du temps, les ustensiles et ingrédients nécessaires pour chacun. Ils s’annoncent à moi, au fur et à mesure.

Parmi eux, j’intègre évidemment les approches des sciences humaines et sociales, ainsi que celles des sciences et des arts, et des approches vibratoires de traditions ancestrales. S’y ajoutent les connaissances des divers secteurs d’activité, cultures professionnelles et nationales, entre autres.

Si vous me demandez de préciser, je vous donnerai certes des exemples de techniques, méthodes et références, mais il y a fort à parier que je me serve d’autres ingrédients le moment venu !

Ainsi, je ne conviens qu’à certains.

  • Je m’adresse à ceux qui dégustent leur plat, plutôt qu’à ceux qui ont besoin de la recette avant de passer commande.
  • Je m’adresse à ceux qui acceptent les mélanges de genres, à la fois approches interdisciplinaires et réflexions transversales.
  • Je m’adresse à ceux qui sont prêts à ne pas tout maitriser, mais plutôt à expérimenter ce qui vient à eux.

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Vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre.

Comme chaque fois, je vous remercie déjà pour vos commentaires, anecdotes et marques de soutien.

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Cet article est édité sous licence Creative Commons « Attribution – Non commercial – Pas de modifications ». 

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