Du dieu de la médecine Asclépios naquirent Hygie, déesse de la prévention et Panacée, déesse guérisseuse, l’une intervenant avant la maladie pour l’en empêcher, l’autre après pour s’en défaire.

L’hygiène est une affaire de dieux; c’est aussi une affaire culturelle, avec ses effets de mode!

En Occident, l’hygiène s’occupe de préserver et d’améliorer la santé, grâce au nettoyage, à la désinfection et à la conservation alimentaire. La propreté vise à stopper le contact et la prolifération de germes, elle place des barrières pour empêcher l’accès et la contamination.

Là où pendant l’Antiquité, les bains publics et quotidiens permettaient de prendre soin de son corps, de son esprit, des relations sociales et des affaires, l’eau et la toilette furent plus tard considérées dangereuses parce qu’elles véhiculaient des maladies.

Aujourd’hui, l’hygiène est victime de ses abus de prévention: la peur du moindre risque crée une escalade pour tout désinfecter, aseptiser et stériliser, au risque d’affaiblir nos systèmes immunitaires naturels, pourtant naturellement bien efficaces.

D’autres cultures et civilisations ont une autre vision de l’hygiène, plus holistique: celle de préserver un équilibre, pour garantir et maintenir le juste dosage nécessaire à la bonne santé.

Leurs approches peuvent sembler disparates; elles s’appuient pourtant sur des principes universels d’équilibre du système corporel, mental, spirituel, et relationnel. Ces principes et les techniques de soin (préventives et curatives) sont congruents, quels que soient le lieu géographique ou l’époque.

L’hygiène semble donc être une notion bien plus vaste qu’il n’y parait: à la fois physique, écologique, spirituelle, sociale, alimentaire…

Clarifier ses choix d’hygiène de vie oblige ainsi parfois à prendre ses distances par rapport au discours actuel étroit et convenu de notre société…

***

Vous souhaitez en apprendre plus sur le sujet? Lisez L’Esprit des mots, Audrey Chapot, BoD, et notamment le chapitre dédié « Hygiène: Lorsque nous réinventons la roue, en moins bien »!

Cet article est également une brève synthèse de la conférence du 25 juin 2020 « La face cachée de l’hygiène de vie ».

***

Cet article est édité sous licence Creative Commons « Attribution – Non commercial – Pas de modifications ». 

Vous êtes libre de le partager à condition de ne pas le modifier et de toujours mentionner Audrey Chapot comme auteur et d’inclure un lien vers: www.audreychapot.com