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Guatemala

Article initialement publié le 25 juin 2019 dans lepetitjournal.com, le site pour les expatriés français et les francophones dans le monde. Article source accessible ici.

Au pays des stéréotypes, celui du conjoint suiveur est bien loti !

Ce sont encore une criante majorité de femmes, et bien que près de 80% d’entre elles souhaitent travailler pendant l’expatriation, moins de la moitié y parviennent, en révisant en général leurs conditions de travail à la baisse. Rien d’étonnant donc à ce que les quelques années à l’étranger soient trop souvent considérées comme une parenthèse, tantôt congé sabbatique, tantôt temps dédié aux enfants et à l’équilibre familial. 

Cela peut certes être un choix délibéré, avec de jeunes enfants par exemple. Cela ne devrait jamais être une fatalité, faute de mieux.

Pilier porteur et invisible en séjour à l’étranger

Par définition, le conjoint suiveur est celui qui suit. Il est donc celui qui s’adapte aux impératifs du « conjoint partant ». Il est celui sur qui repose la réussite de l’expatriation : il gère la mise en place et l’intendance d’un nouveau quotidien, avec de nouvelles habitudes ; il régule les incompréhensions et instabilités de chaque membre de la famille ; il s’assure que le foyer est suffisamment stable pour que chacun puisse vaquer à ses occupations. Le conjoint « actif » pourra se concentrer sur ses nouvelles modalités professionnelles, les enfants pourront eux s’épanouir au mieux pendant que le conjoint suiveur tempère et harmonise la maisonnée. A lui de se satisfaire de cette « réussite dans l’ombre ».

Evidemment, ceci est bien connu et toutes les instances – les entreprises, associations et clubs divers – ont pris la saine habitude de valoriser le rôle et l’impact des conjoints suiveurs dans la réussite de l’expatriation familiale. Une dédicace leur est systématiquement octroyée. Tout le monde y gagne, ou presque.

« Rester en gare », avec une épine dans le pied ? 

Presque, parce que dans les faits, le conjoint suiveur se sent souvent démuni. Il est parfois le seul à ne pas avoir trouvé sa place, à se sentir à la traine, lésé. Il a en général accepté les concessions d’une rupture professionnelle momentanée qui déstabilise automatiquement sa reprise professionnelle : démission pour suivi de conjoint, congé sabbatique, demande de mutation pour rapprochement familial… La rupture volontaire casse la dynamique en place, et tout est à repenser pour la suite.

Oui, certains suiveurs parviennent à trouver un emploi avant même d’arriver dans le nouveau pays. Mais pour les autres, la recherche d’emploi sur place s’avère souvent difficile : le réseau est balbutiant, voire inexistant, le marché local inconnu, la langue parfois non maitrisée, sans compter que, selon les pays, les conjoints n’ont pas toujours de visa les autorisant à travailler sous contrat local. 

En plus des aléas classiques d’une recherche difficile, longue et usante d’un emploi satisfaisant, le conjoint vit l’éloignement de son environnement personnel (familial, amical et social). Un cercle vicieux s’installe alors aisément avec la sensation d’isolement et de solitude, la baisse de confiance en soi, la difficulté à accepter la situation de dépendance financière, la frustration intellectuelle de ne pas s’épanouir professionnellement, jusqu’à la colère de se sentir incompris ou mal perçu par l’entourage. 

Ceci explique qu’une proportion non négligeable de suiveurs s’engage dans des activités associatives et bénévoles, pour apprendre, se sentir utile, se nourrir de relations sociales. 

L’emploi rémunéré ou bénévole est à peine trouvé sur place que l’idée du CV « atypique » au moment du retour au pays émerge : comment annoncer une période sans activité ? Comment valoriser son emploi ou son investissement bénévole sans que cela ne porte préjudice à la « reprise de carrière » ?  

Choisir le tremplin pour « tracer votre route » !

Le salariat et le bénévolat à l’étranger sont deux options. L’activité indépendante en est une autre, souvent présentée comme l’alternative idéale pour les conjoints suiveurs. Effectivement, travailler à distance et à son compte permet de maintenir des relations professionnelles continues et de s’assurer des revenus réguliers indépendamment du lieu de vie et des déménagements successifs. 

Cependant, l’activité en freelance traditionnelle ne convient pas à tous : cela nécessite un état d’esprit particulier, et pour certains, un temps de réflexion conséquent avant de se lancer, d’autant qu’il existe maintenant de nombreuses modalités et statuts à prendre en compte avant de pouvoir arbitrer. 

Outre les modalités de travail, il est important de se questionner sur le type d’activité que vous souhaitez. Si vous voulez changer d’activité et vous reconvertir, avec ou sans formation dédiée, l’expatriation est le moment idéal pour franchir le cap.

Profitez de créer une nouvelle vie à l’étranger pour votre famille pour penser aussi à vous, en même temps ! 

A vous de considérer cette période d’expatriation comme un tremplin, avec de multiples directions possibles. Choisir de vous poser, de vous retrouver intimement, c’est décider de faire le point sur ce dont vous avez envie, maintenant et pour plus tard, sur ce que vous savez faire et ce qui vous manque. C’est décider de concilier vie privée et vie professionnelle épanouies. 

Les alternatives sont si nombreuses et méconnues qu’il est facile de passer à côté de votre voie, de votre fibre personnelle, de votre situation et de vos besoins. Alors prenez du temps pour vous, pour valider ou redéfinir votre nouvelle activité professionnelle. 

Et pour tout mettre de votre côté, ne restez pas seul ! Un regard extérieur, professionnel et averti saura vous guider pas à pas. Si vous êtes conjoint suiveur avec le besoin de tracer votre propre route, contactez-moi

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